Trop d'aliments ultra-transformés : protégeons notre santé !
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Le problème
Biscuits, sodas, céréales sucrées, nuggets, chips... En quelques décennies, les aliments ultra-transformés ont envahi les supermarchés. Ils représentent aujourd'hui près de 60 % de l'offre alimentaire en France et près de 50% des calories consommées par les enfants.
Ces produits, issus de formulations industrielles riches en ingrédients transformés et additifs, se reconnaissent à leurs longues listes d'ingrédients. Ils sont conçus pour être attractifs, standardisés et se conserver longtemps.
Mais cette transformation de notre alimentation a un coût : plus d'une centaine d'études scientifiques associent les aliments ultra-transformés à un large éventail de maladies chroniques (obésité, diabète de type 2, maladies cardiovasculaires, certains cancers) et même à des troubles dépressifs.
Malgré ces dangers, ils ne font l'objet d'aucun encadrement. Pire, ces produits sont massivement promus, souvent via des pratiques rappelant celles du tabac : marketing agressif, ciblage des enfants, lobbying pour freiner les politiques de santé publique.
Dans un contexte où ces produits sont omniprésents et massivement promus, prétendre que la situation relève du « choix individuel » est inacceptable ! Il est aujourd'hui du devoir des pouvoirs publics de protéger la population.
Nos demandes
Yuka, foodwatch et France Assos Santé demandent des mesures concrètes afin de mieux réguler les aliments ultra-transformés :
Encadrer la publicité pour les aliments ultra-transformés, en particulier celle qui cible les enfants
Nous demandons l'interdiction de la publicité pour les aliments ultra-transformés ciblant les mineurs : interdiction sur tous les médias (TV, réseaux sociaux, applications, jeux mobiles), ainsi que dans l'espace public à proximité des écoles et des lieux fréquentés par les enfants. Aujourd'hui, leur exposition aux publicités mettant en avant des produits ultra-transformés est massive et a un impact direct sur leur santé.
Interdire les stratégies marketing incitatives sur les emballages des aliments ultra-transformés
Nous demandons l'interdiction des stratégies marketing incitatives sur les emballages des aliments ultra-transformés : mascottes, personnages de dessins animés, figurines et cadeaux à collectionner, ainsi que toute allégation de santé. Les enfants manquent du recul critique pour identifier l'intention commerciale d'un emballage ludique, ce qui crée un fort attachement émotionnel à la marque et contribue ensuite à façonner durablement leurs goûts pour des produits ultra-sucrés, gras ou salés.
Permettre d'identifier les aliments ultra-transformés grâce à un étiquetage obligatoire en face avant des emballages
Nous demandons l'obligation d'apposer une mention visuelle claire en face avant des emballages des aliments ultra-transformés (par exemple un bandeau noir accolé au Nutri-Score) sur tous les supports de vente, y compris les sites e-commerce et applications de livraison. Un tel étiquetage aiderait les consommateurs à faire des choix éclairés, et pousserait également les industriels à améliorer leurs produits.
Plus d'informations
Qui va recevoir la pétition ?
Cette pétition est envoyée chaque jour avec les nouvelles signatures par e-mail à :
- Sébastien Lecornu, premier ministre
- Stéphanie Rist, ministre de la Santé, des Familles, de l'Autonomie et des Personnes handicapées
- Annie Genevard, ministre de l'Agriculture, de l'Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire
Lire le dossier complet
Trop d'aliments ultra-transformés : protégeons notre santé !
Biscuits, sodas, céréales sucrées, nuggets, chips… En quelques décennies, les aliments ultra-transformés ont envahi les rayons des supermarchés. Ils représentent aujourd'hui environ 60 % de l'offre alimentaire en France, 35 % des calories consommées par les adultes et près de 50 % de celles consommées par les enfants.1,2,3,4
Ces produits sont des formulations industrielles élaborées à partir d'ingrédients ayant subi de nombreuses transformations — souvent utilisés uniquement par l'industrie agroalimentaire — et d'additifs (colorants, arômes, émulsifiants, édulcorants, exhausteurs de goût…) utilisés pour améliorer la texture, l'aspect ou encore le goût. Ils se reconnaissent généralement à leurs longues listes d'ingrédients, composées de noms que l'on ne trouve pas dans les placards de nos cuisines. Leur objectif : des produits extrêmement attractifs, standardisés, et qui se conservent longtemps.5 Au-delà de leur procédé de fabrication, les aliments ultra-transformés sont souvent de mauvaise qualité nutritionnelle : riches en sucre, en sel et/ou en graisses saturées.6
Mais cette transformation massive de notre alimentation a de lourdes conséquences. Plus d'une centaine d'études scientifiques associent une consommation élevée d'aliments ultra-transformés à un risque accru de nombreuses maladies chroniques : obésité, diabète de type 2, hypertension, maladies cardiovasculaires et rénales, ou encore certains cancers.7,8,9,10,11,12,13 Des études suggèrent aussi un lien avec certains troubles de la santé mentale, comme les symptômes dépressifs ou certains troubles cognitifs.14,15
Et pourtant, ces produits ne font aujourd'hui l'objet d'aucun encadrement spécifique ! Ils continuent d'être massivement distribués et promus, souvent à l'aide de méthodes qui rappellent celles développées par l'industrie du tabac : marketing agressif, ciblage des enfants, lobbying pour freiner les politiques de santé publique.
Ce parallèle avec le tabac n'est pas qu'une image : c'est un signal d'alarme. Dans les années 1980 et 1990, plusieurs géants du tabac ont racheté de grandes entreprises agroalimentaires et ont contribué à façonner une partie de l'offre alimentaire actuelle.16,17,18 Des chercheurs montrent que certaines méthodes développées à cette époque — pour rendre les produits toujours plus attractifs, voire addictifs — ont durablement marqué l'industrie alimentaire.19,20
Dans un environnement où ces produits sont omniprésents et massivement promus (les entreprises alimentaires dépensent des milliards chaque année en publicité), prétendre que la situation relève du « choix individuel » et que la solution viendrait d'une simple éducation à l'alimentation est un discours à la fois inefficace et inacceptable ! L'histoire de la santé publique l'a montré avec le tabac ou l'alcool : rejeter la responsabilité sur les individus est une stratégie classique pour retarder les réglementations et empêcher l'action publique.21 Lorsque des produits présentent des risques pour la santé, il est du devoir des pouvoirs publics d'agir et de protéger la population.
C'est pourquoi Yuka, foodwatch et France Assos Santé s'associent pour demander la mise en place de mesures concrètes pour mieux réguler les aliments ultra-transformés :
1) Encadrer la publicité pour les aliments ultra-transformés, en particulier celle qui cible les enfants
Détail de la mesure
Nous demandons :
- L'interdiction de la publicité pour les aliments ultra-transformés à destination des mineurs, sur tous les médias sans exception : télévision, internet, applications et jeux mobiles, réseaux sociaux.
- L'interdiction des campagnes d'influence et des partenariats avec des influenceurs pour promouvoir ces produits auprès des mineurs.
- L'interdiction de la publicité pour ces produits dans l'espace public à proximité des écoles et des lieux fréquentés par les enfants.
- La refonte des messages sanitaires dans les publicités alimentaires : remplacer les bandeaux actuels affichés en bas des publicités — souvent peu visibles — par des formats plus impactants, comme des animations diffusées en plein écran juste avant ou après les publicités.
Pourquoi c'est important ?
- Les enfants sont particulièrement vulnérables à la publicité. Avant 7-8 ans, ils ne comprennent pas l'intention persuasive d'un message publicitaire. Autrement dit, ils ne sont pas en capacité de distinguer un contenu commercial d'une information. Les adolescents sont eux aussi sensibles aux mécanismes publicitaires, notamment sur les réseaux sociaux. La publicité façonne les préférences et les habitudes alimentaires dès l'enfance, parfois pour toute la vie. Ces stratégies violent les droits fondamentaux des enfants et exploitent leur vulnérabilité pour créer une fidélité durable aux marques.22,23
- L'exposition est massive : les enfants en âge scolaire passent en moyenne 1h27 par jour devant la télévision et 49 minutes sur internet, tandis que les lycéens consacrent quant à eux 1h06 à la télévision et 2h13 quotidiennement sur internet.24
- Cette publicité a un impact direct sur la santé : elle contribue au surpoids, à l'obésité infantile et, plus largement, aux maladies liées à l'alimentation.24
- On observe un basculement massif du marketing alimentaire vers le digital, un espace encore très mal régulé. Grâce à la collecte de données personnelles et aux algorithmes de suivi comportemental, les industriels ciblent les mineurs de façon ultra-personnalisée. L'opacité des plateformes (TikTok, Snapchat, YouTube) rend par ailleurs impossible toute mesure réelle de l'exposition des mineurs à ces publicités.23,24,25,26
D'autres pays ont déjà agi
- Chili : depuis 2016, la diffusion de publicités pour les produits trop riches en sucres, sel ou graisses saturées est interdite à la télévision entre 6h et 22h. Résultat : l'exposition des enfants à ces publicités à la télévision a chuté de 73 %.27,28
- Portugal : depuis 2019, la publicité pour les produits trop riches en sucres, sel ou graisses saturées ciblant les moins de 16 ans est interdite à la télévision, à la radio, sur internet, sur les applications mobiles, ainsi que dans les cinémas. Elle est également interdite dans les écoles, les aires de jeux et dans un rayon de 100 mètres autour de ces lieux.29
- Royaume-Uni : depuis janvier 2026, la publicité pour les produits trop gras, trop sucrés ou trop salés est interdite à la télévision avant 21h et en ligne à toute heure.30
2) Interdire les stratégies marketing incitatives sur les emballages des aliments ultra-transformés
Détail de la mesure
Nous demandons :
- L'interdiction d'utiliser sur les emballages des figures attractives pour les jeunes : mascottes, personnages de dessins animés (licenciés ou créés par la marque), personnalités publiques (sportifs, acteurs…).
- L'interdiction de dispositifs marketing intégrés au produit : figurines à collectionner, objets et cadeaux, ainsi que les jeux concours permettant de gagner des récompenses.
- L'interdiction de toute allégation nutritionnelle ou de santé valorisant la composition nutritionnelle ou les bienfaits du produit (par exemple, « riche en vitamines », « allégé », « sans arômes artificiels »).
Pourquoi c'est important ?
- Les enfants et les adolescents manquent du recul critique nécessaire pour identifier l'intention commerciale et persuasive d'un emballage ludique. Cette vulnérabilité s'explique neurologiquement : la zone du cerveau liée au contrôle (l'aire frontale) n'est pas encore mature à cet âge.22,23,31
- Ces stratégies reposent sur un double piège : la fidélisation et la surstimulation sensorielle. D'abord, l'enfant est attiré par un univers ludique (mascottes, couleurs vives) qui crée un fort attachement émotionnel à la marque. Ensuite, ces emballages valorisent des produits aux goûts poussés à l'extrême (très sucrés, gras, salés), qui deviennent peu à peu la norme et façonnent le cerveau à l'idée que le plaisir alimentaire passe avant tout par ces produits.32,33
- Les allégations nutritionnelles créent un « effet de halo » : ces mentions valorisantes comme « riche en vitamines » ou « sans arômes artificiels » donnent aux parents une fausse image positive à des produits pourtant ultra-transformés et souvent de mauvaise qualité nutritionnelle.34,35,36
D'autres pays ont déjà agi
- Plusieurs pays d'Amérique latine (comme le Chili, l'Argentine et le Pérou) interdisent l'utilisation de mascottes, personnages, jouets, jeux ou cadeaux promotionnels sur les emballages des produits contenant un bandeau noir d'avertissement.27,28,37,38,39
- Au Mexique (depuis 2020) et en Argentine (depuis 2022), les produits trop riches en sucres, sel ou graisses (signalés par un avertissement en face avant) n'ont pas le droit d'afficher d'allégations nutritionnelles ou de santé sur l'emballage.40
- À San Francisco (États-Unis) : sur un principe similaire mais appliqué à la restauration, une ordonnance locale interdit, depuis 2011, d'offrir des jouets ou des articles promotionnels gratuits avec les menus enfants ne respectant pas certains critères nutritionnels.41
3) Permettre d'identifier les aliments ultra-transformés grâce à un étiquetage obligatoire en face avant des emballages
Détail de la mesure
Nous demandons :
- L'obligation d'apposer, pour les aliments ultra-transformés (classification NOVA 4), une mention visuelle claire et standardisée en face avant des emballages, complémentaire d'un étiquetage nutritionnel obligatoire, afin de permettre aux consommateurs d'identifier immédiatement ces produits.42
- L'application de cet affichage obligatoire à tous les supports de vente, y compris les sites de e-commerce, les drives et les applications de livraison, afin que l'information soit visible avant l'achat, quel que soit le canal de distribution.
- Une campagne portée par Santé Publique France pour accompagner le déploiement de cet affichage.
Pourquoi c'est important ?
- L'information visible sur les emballages influence directement les achats. Les étiquetages simples en face avant, comme le Nutri-Score ou les systèmes d'étiquetage utilisés en Amérique latine, ont montré qu'ils améliorent la compréhension des consommateurs et les aident à repérer plus facilement les produits de meilleure qualité nutritionnelle.43
- La qualité nutritionnelle et le degré de transformation sont deux dimensions complémentaires. Le Nutri-Score informe sur le profil nutritionnel, mais il ne permet pas d'identifier tous les aliments ultra-transformés. Ajouter une mention claire sur l'ultra-transformation permettrait de compléter cette information et d'éclairer davantage les choix des consommateurs.1,6
- L'étiquetage ne transforme pas seulement les choix des consommateurs : il pousse aussi les industriels à améliorer leurs produits.44,45
D'autres pays ont déjà agi
Plusieurs pays ont mis en place un étiquetage nutritionnel obligatoire en face avant des emballages pour mieux informer les consommateurs.
- Entre 2016 et 2024, sept pays d'Amérique du Sud ont mis en place un système d'étiquetage d'avertissement obligatoire en face avant (pictogrammes noirs) pour les produits trop riches en sucres, sodium ou graisses saturées. Les effets de ces mesures sont déjà visibles :
- Au Pérou, les industriels ont massivement reformulé leurs produits : la part de produits nécessitant un avertissement est passée de 82 % à 62 % en deux ans.39
- Au Chili, en trois ans, les achats ont diminué de 23 % en calories, de 37 % en sucre, de 22 % en sodium et de 16 % en graisses saturées.46
- Mexique : depuis 2020, en plus des critères liés aux sucres, calories, sel ou graisses saturées, le pays impose l'avertissement de la présence d'édulcorants.
Sources
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- Taillie LS, Bercholz M, Popkin B, Rebolledo N, Reyes M, Corvalán C. Decreases in purchases of energy, sodium, sugar, and saturated fat 3 years after implementation of the Chilean food labeling and marketing law: An interrupted time series analysis. PLoS Med. 2024 Sep 27;21(9):e1004463. doi:10.1371/journal.pmed.1004463. PMID: 39331649; PMCID: PMC11432892.
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